Condamnations du PS, du MRAP et du Conseil des démocrates musulmans de France après les déclarations de l'éditorialiste du Point, vendredi sur LCI, où celui-ci s'est déclaré "un peu islamophobe".
Le fondateur-éditorialiste du Point, Claude Imbert, a estimé ne "pas avoir d'excuses publiques à faire à la communauté musulmane de France", alors qu'une trentaine de personnes ont protesté lundi matin devant le siège de l'hebdomadaire contre ses déclarations vendredi sur la chaîne LCI.
"Il faut être honnête. Moi, je suis un peu islamophobe. Cela ne me gêne pas de le dire", avait déclaré Claude Imbert lors d'un débat animé par Jean-François Rabilloud, avec le directeur délégué de la rédaction du Nouvel Observateur, Jacques Julliard, à propos du voile islamique. Claude Imbert avait ensuite cité les noms de Voltaire et de Michel Houellebecq.
"Nous avons le droit de combattre le racisme, d'accepter une pratique paisible de l'islam. Et j'ai le droit, je ne suis pas le seul dans ce pays à penser que l'islam -je dis bien l'islam, je ne parle même pas des islamistes- en tant que religion apporte une débilité d'archaïsmes divers, apporte une manière de considérer la femme, de déclasser régulièrement la femme", et "en plus un souci de supplanter la loi des Etats par la loi du Coran, qui en effet me rend islamophobe", a déclaré Claude Imbert.
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Le journaliste avait indiqué que "la religion chrétienne (le) gênait moins parce qu'elle n'a pas cette prétention". "Il n'y a aucune raison sous le prétexte de la tolérance de s'abaisser jusqu'à renier des convictions profondes", avait-il ajouté.
Condamnations
Un "collectif contre l'islamophobie en France" avait appelé à un rassemblement lundi matin pour protester contre ces propos jugés "intolérables" et "porteurs d'un racisme déclaré" et réclamait des "excuses publiques" de Claude Imbert. Les manifestants ont distribué des tracts "dans le calme", selon la Préfecture de police.
Dans un communiqué lundi, le Parti socialiste a aussi "condamné fermement" les propos de Claude Imbert. "Comment un homme de culture comme Claude Imbert (...) a-t-il pu se laisser aller à tenir des propos de haine, d'intolérance et de xénophobie contre une religion ?", s'est indigné le porte-parole du PS Annick Lepetit. Le PS "condamne fermement de telles déclarations qui consistent à stigmatiser une religion et ceux qui la pratiquent", a ajouté le communiqué.
Le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) a estimé que les "propos blessants" et d'une "extrême dangerosité" de Claude Imbert sont "d'autant plus inacceptables qu'ils participent à une inquiétante et insupportable banalisation de l'islamophobie, derrière laquelle se dissimule la haine des populations arabo-musulmanes".
Le CDM (Conseil des démocrates musulmans de France) a considéré dans un communiqué que "ce genre de propos haineux et xénophobes (...) ne peut qu'attiser le rejet et l'intolérance à l'égard d'une composante de la nation française déjà éprouvée par les obstacles qui contrarient son insertion dans l'ensemble national".
"Régression intellectuelle"
"Si les Musulmans se sentent blessés, ils ont tort, de la même façon que lorsque des plaisanteries sont faites contre l'Eglise, à commencer par les "Guignols (de l'info; ndlr)", vous n'allez pas considérer que toute la chrétienté se trouve blessée par les Guignols", a fait savoir Claude Imbert.
"Il ne faut pas accepter la régression intellectuelle qui consiste à ne pas pouvoir s'exprimer d'une façon paisible s'agissant d'une religion".
"Ce qui est extraordinaire, c'est que ce que les anticléricaux disaient contre l'Eglise catholique n'aurait pas la possibilité d'être dit à l'égard de l'islam", a-t-il estimé. "L'islam me paraît être une sorte de contradiction permanente à la modernité", a-t-il répété.
Claude Imbert, qui se déclare "agnostique" et "adversaire du racisme", indique enfin n'avoir que des "relations convenables et même excellentes avec les musulmans" et rappelle qu'il est membre du Haut Conseil de l'intégration.
Dans Le Point daté vendredi, Claude Imbert écrivait:
"En ce sens, l'islamophobie, depuis les Lumières - et de Voltaire à Houellebecq - se porte bien et ne mérite en rien d'être ostracisée. On peut combattre le racisme, respecter la pratique privée, paisible de l'islam et garder, je l'espère, la liberté intellectuelle de résister non seulement à l'islamisme, mais à l'islam lui-même. La liberté de dénoncer ses obscurantismes, son déni des vérités scientifiques, son déclassement de la femme, ses débilités archaïques. Et, a fortiori, ses tentatives de défier, à l'école, une laïcité conquise après tant d'efforts."
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