Le Président du MRAP a instrumentalisé l'organisation qu'il préside en tentant d'utiliser, à travers sa fonction, une image forgée sur un positionnement de plus en plus communautariste. Surfant sur la confusion entre politique et association, il se voulait le champion de la représentation de la diversité au sein du système politique.
Mouloud Aounit prétendait se servir de son image d'antiraciste dans le cadre électoral en faisant acte de candidature, au sein du PC, pour un poste de député dans la circonscription d'Aubervilliers - La Courneuve.
Les piètres résultats que cette candidature a récoltés auprès des communistes eux-mêmes montrent à l'évidence que celle-ci est décrédibilisée. Le maire de La Courneuve emportant le suffrage avec 240 voix, tandis que Mériem Derkaoui, maire adjointe d'Aubervilliers récoltait 190 voix et Mouloud Aounit, " l'enfant d'Aubervilliers ", obtenait 20 suffrages sur sa candidature. Ainsi, sur sa propre zone géographique où il prétendait avoir des réseaux et une crédibilité spécifique, il est battu à plate couture, dans un rapport de 1 à 10, par une autre postulante, Mériem Derkaoui. Il n'est pas sans intérêt de rappeler les positions de Meriem Derkaoui extrêmement claires sur l'intégrisme, le droit des femmes et le voile.
Les communistes locaux ne se sont pas laissés abuser par les moulinets incantatoires du défenseur du voile des soeurs Lévy au lycée d'Aubervilliers et, par 10 contre un, ils lui ont préféré une femme dont le combat laïque pour la citoyenneté et contre le communautarisme est sans équivoque. Par ce vote, et bien que Mouloud Aounit prétende poser le problème des gens qui subissent le racisme, les communistes d'Aubervilliers ont montré l'importance qu'ils accordaient à une approche citoyenne de la société.
Aounit saura-t-il comprendre la leçon de la monumentale gifle qu'il vient de recevoir ? Cette gifle prouve que même du point de vue antiraciste, Mouloud Aounit n'est pas jugé être le meilleur représentant.
Comprendra-t-il qu'on ne peut pas tout confondre, l'associatif et le politique, le communautarisme et l'universalisme. Comprendra-t-il que la république française s'enracine dans la laïcité, ou restera-t-il sourd aux messages des électeurs du PCF local ?
On peut craindre que son ego surgonflé n'acceptera pas la réalité, et qu'après avoir laissé couler un peu d'eau sous les ponts, imbu de ce qu'il pense " incarner ", il poursuivra sa chasse au poste politique sur une base d'électoralisme communautariste. Il est à craindre qu'il se présente " au nom de la diversité " comme champion de la diversité face aux appareils politiques, leur reprochant de ne pas prendre en compte la réalité sociale du pays. Appuyé sur un discours typé indigène il s'arc-boutera dans une posture victimaire à laquelle pourront alors souscrire des soutiens qu'il lui suffira d'organiser en comité.
Il ne risque plus grand-chose (de toutes façons, le siège est perdu pour le PCF au profit du PS, avec 20% d'écart prévisibles) et il peut alors profiter de l'opportunité des élections pour devenir le porte-parole de ce qu'il considère être une " société civile mise au ban des partis " et que, bien sûr, lui-même incarnerait. Il se présenterait comme victime des réflexes des appareils devenus aveugles à la réalité de la composition sociologique du pays.
Occupant les medias comme champion de la diversité, son ego insatiable sera rassasié et il retournera ensuite au Mrap entretenir son image dans l'attente d'autres échéances électorales, comme un chien retourne à la niche ronger son os.
Benjamin Perret , Res Publica N°523
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